Le Prieuré de Saint-Jean du Vivier

Ce prieuré bénédictin dépendait de la grande abbaye de Saint Germer de Fly et faisait partie du diocèse de Beauvais. Il dur être fondé vers le milieu du XIIème siècle ; il est mentionné dans le dénombrement des droits et privilèges de l'Abbaye de Saint Germer en 1178. Tout au long du XIIIème siècle l'abbaye va s'enrichir de nouvelles terres achetées ou données et cela malgré des différends avec les voisins ou seigneurs des environs : DROGNON Seigneur de Mouy 1217, Jean de Mouy 1275, Thibaut DELESPINE 1277, Jean de Chambly Chevalier 1290...

Au cours du XVIème siècle, les moines de Saint Jean vont connaître des difficultés, l'église de France vient en aide au roi de France et dégage "50 000 livres pour subvenir aux nécessités des affaires de sa majesté" des terres sont vendues à "des laboureurs" de Mouchy et de Chateaurouge en 1559 (65 ans plus tard par ordre de Louis XIII les acquéreurs devront rendre les terres contre remboursement à leurs anciens propriétaires). La première description des propriétés date 1634 "église, cimetière, maisons, greniers, colombiers, granges, étables, bergeries, puits, caves et plusieurs autres bâtiments, le tout forme de hauts murs dans laquelle maison le pieuré a droit de justice". Les biens du prieuré étaient formés "de terres labourables, pâture, vignes, garenne dans les bois, colombier, neuf mines de bled champart à prendre ez terroir de Mouy... deux étangs ou viviers proche l'Abbaye".

Pendant le XVIIème siècle, le prieuré eut beaucoup à souffrir des guerres sous le règne de Louis XIV "l'église et les bâtiments auraient été démolis et presque entièrement ruinés par les ennemis de l'état". Saint Jean du Vivier ne se releva jamais de cette destruction, le prieur cessa bientôt d'y habiter et loua l'ensemble de la ferme.

En 1790 la ferme fut vendue à Joseph CROUZET, fermier du prieuré pour 80 200 livres. Les terres comprises sur les communes de Mouy, de Cauvigny, et d'Ully-Saint-Georges furent successivement aliénées.

Pendant toute la durée XIXème siècle, le prieuré resta entre les mains de la famille de Joseph CROUZET, la petite fille de ce dernier Madame DUVAL y vécut jusqu'en 1898 époque où elle vendit la ferme à Monsieur DANBE de Paris, qui transforma la propriété en haras.

 

Les autres bâtiments.

Que reste-t-il maintenant des constructions signalées dans les états de 1634, des maisons, greniers, colombier, granges, étables, viviers,etc... qui étaient encore debout dans la plupart, au moment de la vente de 1791. Quand ont-elles disparues ?

D'après les renseignements recueillis, l'église telle que nous nous la représentons, avec le choeur, les deux collatéraux et le croisillon nord, existaient encore au début du XIXème siècle, mais plusieurs parties menaçaient ruine. Joseph CROUZET, vers 1820, se serait vu dans la nécessité de faire tomber tout ce qui ne tenait plus qu'à peine ; il aurait ainsi laissé l'église dans l'état où nous la voyons aujourd'hui. Il aurait démonté les grandes boiseries du XVIIème siècle qui garnissaient le choeur et donné à l'église de Mouy l'autel.

Le cimetière s'étendait derrière les absidioles. Les étables, écuries, greniers, etc... existaient encore en 1898, soit en totalité, soit en ruines, et formaient autour de la cour un vaste quadrilatère. Contre le bas-côté sud était accolé un large bâtiment à usage de cuisine, avec grande cheminée à manteau située en partie au dessus des caves voûtées. A côté se trouvait un puits maintenant comblé. En face du prieuré, des étables et des greniers dont l'un était appelé "le grenier aux dîmes", étaient complètement en ruines.

Au milieu de la cour, sur le sol alors très en pente et qui a été complètement modifié, une mare était destinée à faire boire les bestiaux. Un peu en arrière, un colombier de forme carrée s'élevait dans l'angle des bâtiments.

Rédigé par J.Noblecourt d'après les documents prêtés par Madame Solomon. Ces documents sont à disposition du public à la bibliothèque municipale de Mouy.